Éliette Abécassis

 

Chansons écrites pour "Debout sur le zinc"

 

La pleureuse

  

 

Je suis la femme agie

La femme délaissée

 enchaînée par la vie

une  femme hébétée

Je suis la femme de l’autre

Je ne suis pas la vôtre

Du quotidien sans faute

On m’appelle l’apôtre 

Je suis la femme blessée

Qui ne se relève pas

Je suis la femme glacée

celle Qui mesure ses pas

Je suis la femme voilée

Qui voile ses pensées

De la tête je suis inclinée

De la fête je suis évincée

mais je suis la femme éternelle 

si jeune et si âgée du monde je suis la sentinelle 

oui je suis la femme si fatiguée

Je suis la femme assise

Qui  ne réfléchit pas

Je suis la femme soumise

celle Qui compte ses pas

Je suis la femme douce

Doucement révoltée

En murmurant je pousse

Le landau d’un (bébé)

Je suis la femme agie

La femme délaissée

enchaînée par la vie

une  femme hébétée

je suis la femme qui se tait 

qui en silence se déplaît 

Qui tout bas sait qu’elle s’est

Laissée traversée par les années 

je suis la femme glacée  

qui mesure ses pas

 je suis la femme pressée blessée sonnée par ces combats 

 je suis  la femme passive qui ne réfléchis plus

je suis la femme soumise celle dont on ne veux plus 

oui  je suis la femme qui se lamente 

personne ne le sait 

je suis la femme qui se tourmente 

mais on ne m'entends jamais

 je suis la femme aux mains jointes et je prie en silence

 pour qu'un jour ma plainte déchire le silence

refrain 

je suis la femme agie la femme délaissée

enchaînée par la vie une femme hébétée

je suis la femme qui se tait

qui en silence se déplait

qui tout bas sait qu’elle s’est

laissée traversée par les années

Je suis la femme coupée

Des hommes sans volonté

Je suis la femme décimée

Qui n’a pas décidé

Je suis la flamme vacillante

Qui s’agite dans le noir

Je suis l’adolescente

Quelle grande descente

Je suis la femme d’un soir

Qui ne se rappelle pas

Je suis la femme au miroir

Que l'on ne rappelle pas

Je suis la femme divorcée

La femme alternée

La femme Déchirée

Envies et vies brisées

Je suis la femme trompée

Qui s’est trompée elle-même

De ma prison dorée

Je suis le blême emblème

Je suis la femme enceinte

De ses rêves fidèle

Je suis la mère la sainte

Je ne suis pas rebelle

Je suis la femme agie

Qui agie agira

De la femme je suis fille 

Qui vécue revivra

Refrain

 

Deux fois oui

 

 

 

Et voilà, c'est l'heure
Le moment choisi
Pour vous deux, c'est l'heure
Et pour nous aussi

L'heure de la rencontre a sonné
Par trois fois les anges sont passés
Lui, il n'a vu qu'un regard si triste et si sombre
Il fit apparaître une lettre
Aux mots tendres et sur ces mots tendres
Elle a reposé son regard si triste et si sombre

Il a vu que c'était elle
L'étoile la plus belle au ciel
Elle a su que c'était lui
Le futur présent de sa vie

Lui, il est seul
Le nez planté aux étoiles à blanchir
Lui encore seul
Brûlait la carte du tendre, ô défaut d'amour
Elle est seule
Confondue par ses oracles elle s'esseule
Elle, à maudire
Sa cour à court de miracles

Puis il a quitté son maquis
Pour l'emmener il est parti
De rien et de loin c'était le pari
Elle n'aurait pas pu s'éveiller
Se lever et étinceler
Dans son écrin sans couleur, couloir des soucis

Il a dit que c'était elle
L'étoile qu'il cherchait dans le ciel
Elle a su que c'était lui
Le futur présent dans sa vie

Elle est partie
Laissant tout ses oripeaux, ses ghettos
Elle prit parti
Pour cet homme qui avait su
Parler à son cœur endormi
Révélée par tant d'ardeur elle sourit
Elle s'épanouit
Jetant aux orties la peur

Elle a retrouvé le la qu'elle avait égaré là-bas
Au fond tout au fond de son cœur il se cachait là
Il a vu en elle la corde sensible qui pouvait les sauver
Sonner le glas de leurs vies glacées

Il a vu que c'était elle 
L'étoile la plus haute au ciel
Elle a su que c'était lui
L’éternel présent dans sa vie

Et c'est l'heure
Aujourd'hui
L'instant choisi
Oui c'est l'heure
Aujourd'hui
De balayer les soucis
De parler d'amour et de vie
L'instant choisi
Pour tout dire en deux mots
Deux fois oui

 

 

En attendant le pire

 

 

 

En attendant le pire
Je lève mon verre à toi
Je m´accroche à ton sourire
je me jette dans tes bras
Mon bel avenir
Tes cheveux sont sur moi
Le filtre et moi
J´aspire

Un peu de silence, un peu d´air
Juste un temps d´arrêt sans lumière
Rien que la nuit pour envelopper un goût amer
Je ne vois que du noir
Je ne vois que de l´effroi
Je crois qu´il se fait tard
Je ne suis plus sûr de moi
Je sais très bien que rien ne changera

J´ai si peur, je suis tapi dans le noir
Je tremble comme une feuille
J´ai beau lutter, rien n´y fait
Mes idées me ramènent à l´écueil
Rien qu´une lueur, un espoir me suffirait
Comment, comment les trouver, mon cœur?

Qui m´avait promis le respect?
Qui m´a vendu un monde sans peine?
Qui m´a répété
" Pas de violence, plus de haine"?
Cette douce petite voix
Qui disait "Ne t´en fais pas"
Comme une douce petite voix
Qui pensait, pensait pour moi
Qui m´a tant répété "Ne bouge pas"
Il a si peur, il est tapi dans le noir

Il tremble comme une feuille
J´ai lu dans son regard tout à la fois la terreur
La fuite et puis le deuil
Celui qu´on méprise pour ce qu´il n´est pas
Comment, comment s´en remettre, mon cœur?

En attendant le pire
Je lève mon verre à toi
Je m´accroche à ton sourire
je me jette dans tes bras
Mon bel avenir
Tes cheveux sont sur moi
Le filtre et moi
J´aspire

Fini le silence, un peu d´air
Juste un temps de mise en lumière
Pour que la nuit ne cache plus ce goût amer
À chaque mot une phrase
Pour chaque phrase un vers
Je ne me tairai plus
Je ne laisserai plus faire
Oubliée la petite voix délétère
Finies les heures lorsque tapi dans le noir

Je tremblais comme une feuille
Je répondrai chaque fois
Je ferai chaque pas vers l´accueil
Vers celui qu´on méprise pour ce qu´il n´est pas
Voilà comment respirer, mon cœur

En attendant le pire
Je lève mon verre à toi
Je m´accroche à ton sourire
je me jette dans tes bras
Mon bel avenir
Tes cheveux sont sur moi
Le filtre et moi
J´aspire

 

 

Belle parmi les belles

 

 

 

Oh belle parmi les belles

Mon sang ne fait qu'un tour

Quand j' imagine à peine tes contours

Tu es la femme d'une vie

La femme de tous mes jours

A qui j'ai dit amen

 

Oh reine parmi les reines

Mon ultime recours

Lorsque mon âme appelle au secours

Moi qui suis sans le sel

Moi qui perds le cours

A la moindre étincelle

 

Toi qui hantes ma vie

Ardente demoiselle qui me fait tant défaut

Aujourd'hui

Oh princesse éternelle

Tu vois j'en suis réduit

A regarder le ciel

 

Car moi qui suis resté sur terre

Je t'attends je t'attends jour et nuit

J'erre et cherche là et partour sur la terre

La rive qui me ramène à la vie